Vaccins obligatoires : nos réponses à vos questions

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Vaccins obligatoires : nos réponses à vos questions

Pour les bébés nés à partir du 1er janvier 2018, onze vaccins devront obligatoirement être effectué entre 0 et 18 mois. 

Quels vaccins deviennent obligatoires ?

En plus de la diphtérie, du tétanos et de la poliomyélite (DT-polio), les nourrissons devront obligatoirement, d’ici trois mois, être immunisés contre la coqueluche, l’hépatite B, la méningite, le pneumocoque, le méningocoque C, la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR). Ce ne sera pas une révolution. L’immense majorité des Français effectuent déjà ces vaccins, inscrits dans le carnet de santé de leurs enfants, mêmes s’ils ne sont aujourd’hui que recommandés. Notamment parce que le DT-polio seul n’est plus commercialisé et que les laboratoires ne le proposent plus que sous la forme de supervaccins tout-en-un. «On estime que 30 % des enfants ne sont pas protégés contre le méningocoque C et que 20 % n’ont pas fait leur deuxième rappel pour le ROR», recense le professeur Daniel Floret, pédiatre et président du comité technique des vaccinations en France.

 

Pourquoi le vaccin contre l’hépatite B concentre les critiques ?

Parce que, après le pic de vaccination de 1994, on a soupçonné le sérum de transmettre la sclérose en plaques. En 2014, l’Etat a même été condamné pour le cas d’une ancienne infirmière qui avait déclaré cette maladie neurodégénérative après avoir été vaccinée. Pourtant, les études ne montrent pas «d’association statistiquement significative» entre le vaccin et cette affection.

 

Mon bébé est-il concerné ?

Seulement s’il naît après le 1er janvier 2018. La réforme n’est pas rétroactive. Si votre fils doit naître en décembre ou si votre fille fête ses 2 ans, pas de changement. Mais rien n’empêche de les vacciner si ce n’est déjà fait.

 

Je refuse. Qu’est-ce que je risque ?

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a promis qu’il n’y aurait pas de «sanctions pénales ni d’amendes» pour les parents qui refusent le vaccin. Le gouvernement devrait même supprimer la disposition du Code de la santé publique qui prévoit jusqu’à six mois de prison et 3 750 euros d’amende. En revanche, un enfant qui se retrouverait handicapé en raison d’une absence de vaccin aurait le droit «de mettre en cause pénalement ses parents», toujours selon la ministre de la Santé.

 

Les enfants non vaccinés pourront-ils aller à l’école ou à la crèche ?

Non, si les établissements jouent le jeu. Comme c’est le cas aujourd’hui pour le DT-polio, les petits nés après le 1er janvier 2018 devront montrer à partir du 1er juin leur carnet de santé page vaccinations dûment tamponné pour être admis à la crèche mais aussi dans toutes les collectivités : école, centres de loisirs, colonies. Le gouvernement compte sur la crainte de devoir déscolariser leurs enfants pour convaincre les plus récalcitrants.

 

Y a-t-il des exceptions ?

Oui, mais uniquement en cas de contre-indications médicales. «C’est peanuts, commente le professeur Floret. Elles concernent les personnes qui ont développé un choc allergique à l’un des composants du vaccin.» Et, dans le cas spécifique du ROR (rougeole-oreillons-rubéole), les enfants immunodéprimés. Il n’y aura en revanche pas d’exception idéologique. Les parents ne pourront pas faire valoir «une clause d’exemption» pour faire admettre leurs têtes blondes non vaccinées en collectivité. Aux Etats-Unis, l’adulte responsable peut signer un document dans lequel il reconnaît les risques. En France, cette piste a été évoquée en novembre puis abandonnée.

 

Combien devra-t-on faire d’injections par enfant ?

Avant 2 ans, nos bébés devront être piqués dix fois. C’est sept piqûres et trois rendez-vous de plus qu’avant chez le pédiatre ou dans un centre de vaccination. Et c’est sans compter les rappels après 2 ans, qui ne sont certes toujours pas obligatoires mais restent recommandés et indispensables à 6 ans, 11-13 ans puis à 25 ans dans le cas du DT-polio.

 - RANSON

Risque-t-on une pénurie ?

«Nous avons largement anticipé, rassure-t-on chez Sanofi. Nous n’aurons aucune difficulté à fournir le marché français.» Le laboratoire français commercialise l’Hexyon, un vaccin hexavalent qui protège contre six maladies (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, hépatite B, infections à Haemophilus influenzae). Le groupe estime que, parmi les nouveau-nés de 2018, au maximum 20 %, soit 160 000 bébés supplémentaires, devront être vaccinés.

 

Ces vaccins seront-ils gratuits ?

Oui. Ils sont pris en charge à 65 % par l’assurance maladie et à 35 % par les assurances complémentaires. Les personnes qui ne sont pas couvertes pourront se rendre dans un centre de protection maternelle et infantile (PMI) et ainsi ne pas débourser un centime.

 - LP / Infographie

 

 

Émilie Torgemen  Le Parisien

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