Pourquoi Nicolas Sarkozy s’engage contre les cancers de l’enfant

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Pourquoi Nicolas Sarkozy s’engage contre les cancers de l’enfant

Nicolas Sarkozy, comme il nous le confie, devient le parrain d’une campagne «guérir le cancer de l’enfant au XXIème ». Il s’engage en tant que citoyen, papa et ancien chef de l’Etat.

Un stage de conduite avec l’ex champion Ari Vatanen, une visite du Vatican, une caricature – signée Charb – de Nicolas Sarkozy… et dédicacée de sa propre main. Ce mardi soir, l’ancien chef de l’État sera présent à une vente aux enchères au profit de la lutte contre les cancers de l’enfant. Car, dans son bureau parisien orné de photos de famille où il nous a longuement reçus vendredi, Nicolas Sarkozy l’annonce au « Parisien » : il devient le parrain de la campagne « guérir le cancer de l’enfant au XXIè siècle ».

Pilotée par Frédéric Lemos, papa d’un petit Noé emporté il y a trois ans par la maladie, elle vise à récolter d’ici à 2020 dix millions d’euros, versés à l’Institut Gustave Roussy pour faire avancer la recherche. Cette cause tient particulièrement au cœur de l’ancien président qui a connu Noé. Durant l’entretien – où il évite soigneusement les commentaires politiques – il assure avec enthousiasme et gravité qu’il va s’y investir « sans limite ».
 

Fin 2012, Noé et son papa vous ont interpellé : « seriez-vous prêt à nous aider pour faire avancer la recherche sur le cancer des enfants », écrivaient-ils. L’êtes-vous ?

Nicolas Sarkozy. Je l’ai été dès la réception de cette lettre bouleversante. Le papa de ce petit garçon de 7 ans atteint d’une maladie incurable y criait sa colère, sa détresse, tout en faisant preuve d’une détermination admirable. Sans que cela se sache, je me suis servi de ma capacité à ouvrir des portes pour lui obtenir un médicament innovant mais pas encore commercialisé et l’ai reçu à plusieurs reprises. Aujourd’hui, Noé n’est plus là mais ses parents continuent à faire bouger les lignes. Je vais les aider dans ce combat, car si le mot injustice a un sens, le cancer des enfants est sa définition même. Sans que l’on sache pourquoi, 2500 sont touchés chaque année. Des leucémies foudroyantes, des tumeurs ou des lymphomes en emportent 500.

Vous avez donc connu Noé ?

Aux différents stades de sa maladie. Ici, dans ce bureau, il y avait une épée, plus grande que lui, qu’il regardait de ses grands yeux brillants. Je la lui avais offerte pour qu’il se batte contre son cancer… Noé n’est jamais sorti de mes pensées. Mais il reste aussi pour moi, grâce aux nouveaux protocoles qu’il a reçus, l’enfant qui avec cette maladie a eu l’espérance de vie la plus longue au monde. Trois ans de plus, à cet âge, qui est presque celui de ma fille, ce n’est pas rien. Quand la vie vous fait rencontrer des destins comme celui-ci, cela vous marque à jamais. Et vous pousse à agir.

 

 

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7 février 2014. Cette photo, qu’ils nous ont confiée, a été prise par les parents de Noé lors d’une visite privée à Nicolas Sarkozy dans ses bureaux parisiens. Ce jour-là, l’ancien président a offert au garçonnet une épée pour se « battre » contre son cancer. /Frédéric LEMOS

 

Quelle forme va prendre votre engagement ?

L’idée est de récolter de l’argent, c’est le nerf de la guerre pour faire avancer la recherche. Je m’impliquerai personnellement et inciterai mes amis, mes réseaux à faire de même. Mon engagement sera total et sans limite. Je m’intégrerai dans une équipe, je ferai ce qu’on me dira de faire, irai là où on aura besoin de moi pour mobiliser les énergies. Je ne serai pas un parrain passif. Ma femme, Carla, sera à mes côtés.

Quand on a été président, comment choisit-on la cause pour laquelle on s’engage ?

J’ai longtemps été réticent à m’engager publiquement, par crainte de mauvaises interprétations. Je ne voulais pas qu’on m’imagine dans un combat politique. Et puis, il y a eu ce papa qui se bat pour tous ces enfants. Mes scrupules m’ont paru dérisoires, superflus par rapport à cet enjeu majeur. Ce qui m’anime aujourd’hui, c’est d’aider les personnes vulnérables, les enfants mais aussi les personnes âgées. Je pense notamment à la tragédie de la maladie d’Alzheimer, qui me bouleverse et pour laquelle j’aimerais m’investir encore plus.

« Enjeu majeur », c’est le terme que vous avez employé en 2009 en lançant le « deuxième plan cancer ». Il continue à gangréner notre société.

Il y a eu 400 000 nouveaux cas en 2017, et 150 000 décès. Cela nous concerne tous. Nous sommes au bord de découvertes fondamentales alors il n’y a pas de temps à perdre. La lutte contre le cancer n’est ni de droite, ni de gauche. Le Président Chirac en avait fait, en 2003, l’une des priorités de son quinquennat et j’ai voulu poursuivre son action. Rien n’est plus important que les enjeux de santé.

Moins de 2% des moyens de la recherche concerne les cancers pédiatriques…

Parce qu’ils sont inconcevables, ils ont longtemps été tabous. La campagne de Frédéric Lemos, pour Gustave-Roussy qui est le plus grand centre européen de lutte contre le cancer, permet de les aborder de front. Les fonds récoltés serviront en partie à développer des immunothérapies spécifiques à l’enfant. Ceci est un nouvel axe de recherches.

Qui est ici mobilisé : le citoyen, le papa, l’homme politique ?

Tous ! Il est difficile de séparer ma vie d’ancien chef de l’état, de père, d’être humain. C’est une même personne qui veut s’engager complètement et sur le long terme.

En 2009, vous déclariez que le cancer était une « cause nationale sur laquelle le chef de l’Etat doit s’engager ». Votre successeur le fait-il ?

J’ai la conviction profonde et viscérale qu’une maladie qui touche de si nombreux Français, qui dévaste autant de familles, doit être traitée aux plus hauts niveaux de l’Etat. Si on ne le fait pas pour cela, pour quoi le ferait-on ? Oui, le chef de l’Etat doit s’impliquer personnellement. Mais attention, je ne formule ici aucune critique, aucun jugement. Je ne donne pas de conseils à mon successeur qui fera les choix qui lui appartiennent. Mon engagement n’est ni politique, ni partisan.

 

Cancers de l’enfant : comment donner

 

Pour mener à bien la campagne « guérir le cancer de l’enfant au XXIè siècle », il faut dix millions d’euros. « Grâce à la formidable mobilisation, trois ont déjà été récoltés », confie Frédéric Lemos, l’infatiguable quadragénaire qui, au nom de son fils disparu, préside la campagne pour l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne).

 

Sur le site guerirlecancerdelenfant.fr vous pouvez en un clic faire un don et avoir une mine d’informations sur les cancers de l’enfant et les nouvelles voies de recherche (immunothérapie, génétique…)

5 € par SMS. Très facile, il suffit d’envoyer le mot ENFANT au 92 250. 5€ seront prélevés directement sur votre facture.

Vente aux enchères. Jusqu’à ce mardi soir, possibilité d’enchérir pour la vingtaine de lots (dont une photo prise par Nikos Aliagas, un concert de Vianney, un stage de conduite sur neige avec Ari Vatanen…) de la vente aux enchères parisienne. Envoyez un mail à [email protected]

 

Florence Méréo

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