Paris : la guerre de la pêche aura-t-elle lieu ?

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Paris : la guerre de la pêche aura-t-elle lieu ?

Une association et une élue parisienne demande l’interdiction de la pêche à Paris. Les pratiquants s’insurgent.

Les pêcheurs du dimanche ont-ils du souci à se faire ? Lors du prochain Conseil de Paris à partir de ce lundi, la conseillère de Paris Danielle Simonnet va en tout cas présenter un vœu pour l’interdiction de la pêche dans la capitale. Une « déclaration de guerre » au « street fishing », activité ludique qui s’est développée ces dernières années dans la capitale. « Je trouve ça absurde de pêcher à Paris, quand il n’y a pas de nécessité de se nourrir de cette pêche, précise l’élue Front de gauche. J’ai été énormément surprise par le flot d’injures que j’ai reçu sur les réseaux sociaux depuis mon annonce. »

La conseillère de Paris a été interpellée par l’association Paris Animaux Zoopolis. Cette dernière a lancé une pétition sur internet qui a recueilli plus de 14 000 signatures et participe à une campagne d’affichage dans le métro. « Les poissons aussi souffrent, eux aussi veulent vivre » peut-on voir un peu partout dans les couloirs du réseau RATP. « Le but c’est de défendre les poissons, ils souffrent, ils suffoquent, ils sont extraits de leur milieu. Il y a un vide juridique sur la souffrance des poissons. Est-ce que l’on peut faire souffrir des animaux pour le loisir ? Cette pratique est interdite en Suisse et en Allemagne » souligne Amandine Sanvisens, cofondatrice et présidente de Paris Animaux Zoopolis. « Les poissons ne seraient pas bons à manger mais bon à pêcher ? » s’interroge la militante qui avec une dizaine de membres se bat aussi pour « l’accueil des lapins dans des parcs à Paris » et pour l’arrêt du « massacre des rats », si l’on en croit le site internet de l’association. « On n’y croit pas, on n’est pas naïfs, l’interdiction des animaux dans les cirques, n’a pas été voté. Mais l’idée c’est d’ouvrir le débat et de provoquer une réaction de l’exécutif » conclut en écho Amandine Sanvisens de Zoopolis.

« Personne ne se préoccupe de la santé des poissons autant que nous »

De l’autre côté du canal, c’est précisément cette campagne dans le cadre de la journée mondiale de la fin de la pêche (le 25 mars prochain) qui a choqué les acteurs de la pêche parisienne. « C’est le seul loisir, où l’on paye une carte pour pouvoir le pratiquer (voir encadré), un montant est reversé pour la protection des espèces et des milieux aquatiques, En réalité personne ne se préoccupe de la santé des poissons autant que nous » s’insurge Diane Hervé-Bazin de la fédération Nationale de la pêche en France.

« On ne comprend pas trop d’où ça vient. La campagne fait état d’études scientifiques qui font consensus, et ce n’est pas le cas, nous sommes les premiers à alerter sur les pollutions des cours d’eaux et la santé des poissons partout en France, on a des programmes de sensibilisation des plus jeunes à la diversité animale », proteste-t-on encore du côté de la fédé de pêche.

Un avis partagé par Aurélie Fiaux fondateur de la Naturlish Academy, une école de pêcqhe urbaine à Paris. « La bataille médiatique se fait sur l’idée de la souffrance des poissons, nous on pratique le « catch and release » (relâché de poissons), la notion de souffrance ne fait pas consensus comme les associations semblent le dire » critique-t-il . « Je préfère mettre en valeur le vivre ensemble » argumente le street pêcheur.

« Dans mon école, il y a des gamins qui viennent du XIXe, de Seinet-Saint-Denis, et de beaucoup de classes sociales différentes, cette activité a le mérite de rassembler, et de faire découvrir la nature aux plus jeunes » enchaîne-t-il. « La pêche est un vecteur d’intégration sociale, une fois que tous les enfants sont au bord de l’eau, ils sont canalisés, la pêche apporte de la confiance, attraper un poisson, c’est un succès. Une notion qu’ils n’ont forcément pas au quotidien » livre Aurélien dans un plaidoyer pour son « art de vivre ».

Ce que dit la loi

Le permis est-il obligatoire pour pêcher en Ile-de-France ? Oui, il faut impérativement acheter un permis. Pour les adultes, il en coûte plus de 76 € par an, pour les 12-18 ans, c’est 20 €, 6 € pour les moins de 12 ans et découverte femmes 33 €. Disponible en ligne sur Cartedepeche.fr ou dans les magasins de pêche.

Peut-on pêcher partout à Paris ? Oui, sauf dans le port de l’Arsenal (IVe – XIIe).

Les poissons sont-ils consommables ? Non. Un arrêté préfectoral du 4 juin 2010 stipule qu’il est « interdit de consommer ou de commercialiser les produits de la pêche dans la Seine et les canaux ». Il en va de la santé des pêcheurs. Les street fishers ont pour principe de relâcher leurs prises.

Ronan Tésorière

SociétépêcheurpoissonsDanielle Simonet

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