«Objectif : pouvoir réparer nos appareils électroménagers ou les faire réparer»

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«Objectif  : pouvoir réparer nos appareils électroménagers ou les faire réparer»

Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, soumet actuellement une série de propositions auprès des consommateurs et des industriels pour lutter contre l’obsolescence programmée.

92% des consommateurs pensent que les produits électroménagers ou high-tech qu’ils achètent sont conçus dès le départ pour ne pas durer. Comment lutter contre cette obsolescence programmée ?

Je propose de créer un nouvel indice de durée de vie des matériels qui serait visible directement sur les produits que les consommateurs achètent. Sur le même principe que l’étiquette énergie qui permet de savoir si un réfrigérateur, un ordinateur ou une machine à laver consomment plus ou moins, l’acheteur pourrait savoir du premier coup d’oeil, via une note sur dix, quelle est la durabilité, la robustesse et la réparabilité de son téléviseur, de son smartphone ou son matériel d’outillage.

Sur quels critères vous baserez-vous pour établir cette notation ?

Plusieurs paramètres seront évalués : est-il facile de démonter l’appareil ? Quels sont les composants remplaçables, la documentation technique de réparation est-elle facilement accessible, quel est le coût des pièces détachées par à l’achat d’un produit neuf ? Pendant combien de temps les pièces détachées sont-elles disponibles sur le marché et sous quel délai ? Un appareil plus robuste et plus facilement réparable serait mieux noté qu’un autre. L’idée est que les consommateurs aient la possibilité de pouvoir le réparer ou le faire réparer, et ne soient pas obligés de le jeter dès qu’il ne fonctionne plus. Or, aujourd’hui, dans 60% des pannes, le consommateur n’essaye pas de faire réparer son produit et il ne le fait pas réparer si le coût des réparations est supérieur à 30% du coût du neuf.

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Comment allez-vous inciter les fabricants à afficher les performances de leur appareil ?

D’ici le 1er janvier prochain, le temps qu’ils s’organisent, nous leur demanderons d’abord de le faire sur la base du volontariat mais notre objectif est de porter le sujet au niveau européen pour que cet affichage devienne à terme obligatoire et que cette information soit aisément disponible et comparable pour les consommateurs. Je veux aussi renforcer les règles sur la disponibilité des pièces détachées. Pour tous les biens technologiques (électroménager, haute fidélité, photographie, téléphonie…), je souhaite que les distributeurs proposent obligatoirement aux consommateurs, en cas de réparation de l’appareil, l’utilisation de pièces de rechange d’occasion, comme cela se fait dans l’automobile.

Mais il est parfois très difficile de trouver un réparateur pour ce type de produits.

Il existe aujourd’hui 50 000 professionnels de la réparation. Mais ils sont parfois trop chers ou trop éloignés des consommateurs pour que ces derniers aient recours à leurs services. Pour rendre l’offre plus compétitive, nous voulons développer l’accessibilité des Français à un réseau de réparateurs de proximité à un coût incitatif. Les consommateurs ne doivent plus avoir le réflexe de jeter le produit qu’ils ont acheté sans même essayer de le réparer pour en acheter un nouveau.

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Frédéric Mouchon

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