Charlie Hebdo accuse Edwy Plenel d’attiser la haine envers le journal

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Charlie Hebdo accuse Edwy Plenel d’attiser la haine envers le journal

Dans un édito très virulent, le dessinateur Riss dénonce un « appel au meurtre ».

La querelle vire à l’escalade verbale. Visé par une caricature de Charlie Hebdo, Edwy Plenel avait dénoncé mercredi dernier une prétendue « guerre générale contre les musulmans » à laquelle le titre satirique, selon lui, prendrait part. Par la plume de Riss, l’hebdomadaire réplique cette semaine en accusant le directeur de Mediapart de condamner « à mort une deuxième fois » la publication, décimée par l’attentat du 7 janvier 2015.

La controverse a débuté la semaine dernière avec la parution dans les kiosques d’une « Une » faisant référence aux allégations de viols visant l’islamologue Tariq Ramadan et mettant en cause la rédaction de Mediapart. « Affaire Ramadan, Mediapart révèle « On ne savait pas » », titrait Charlie Hebdo. Une caricature montrait la moustache d’Edwy Plenel couvrant successivement sa bouche, ses oreilles et ses yeux.

Dans une tribune, les journalistes de Mediapart ont alors fait valoir qu’ils avaient consacré plusieurs articles à Tariq Ramadan : « Lors de ce travail au long cours, la rédaction n’a jamais eu connaissance de la moindre accusation de harcèlement, d’agression sexuelle, ni de viol. ».

Une phrase tronquée

Mais, mercredi, Edwy Plenel, interrogé par France Info, a contre-attaqué plus durement : « La Une de Charlie Hebdo fait partie d’une campagne plus générale que l’actuelle direction de Charlie Hebdo épouse, monsieur Valls et d’autres qui suivent monsieur Valls. Une gauche égarée, une gauche qui ne sait plus où elle est, alliée à une droite voire à une extrême droite identitaire, trouve n’importe quel prétexte, n’importe quelle calomnie pour en revenir à leur obsession : la guerre aux musulmans, la diabolisation de tout ce qui concerne l’islam et les musulmans. »

Une phrase que France Info a contractée dans un article paru en ligne, prêtant ainsi à Edwy Plenel les propos suivants : « La Une de Charlie Hebdo fait partie d’une campagne générale de guerre aux musulmans. »

Citant quatre fois la phrase condensée, Riss juge dans son édito qu’elle « n’est plus une opinion, c’est un appel au meurtre ». « Mais un appel plus distingué que ceux que nous recevons sur les réseaux sociaux, rédigés par des gens au QI de poisson rouge », poursuit le patron de Charlie Hebdo en référence aux multiples menaces de mort diffusées à l’encontre de la publication après une Une sur Tariq Ramadan.

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Le soutien de Valls

Le texte de Riss semble indiquer que le différend entre Charlie Hebdo et Mediapart est ancien : « Le « Oui mais » d’Edwy Plenel, quinze jours après la tuerie du 7 janvier, n’était pas une maladresse. C’était un message en direction de ceux qui avaient besoin de légitimer le massacre de nos amis », écrit le dessinateur. Après l’attentat contre Charlie Hebdo, Mediapart avait participé aux hommages, mais le 22 janvier 2015, Edwy Plenel avait expliqué, sur le plateau du Petit Journal de Canal +, que « la haine ne peut pas avoir l’excuse de l’humour ».

Ce mardi, Manuel Valls a partagé l’édito de Riss sur Twitter : « Merci #Riss. Votre édito dans @Charlie_Hebdo_ est magnifique. Grave et juste, il est une réponse aux propos impardonnables de @edwyplenel », a commenté l’ancien Premier ministre.

Edwy Plenel a également réagi sur le réseau social : « La phrase que me prête l’édito de Charlie n’a jamais existé. » Le directeur de Mediapart a partagé sa déclaration sur la « guerre aux musulmans » in extenso. Et de commenter : « Pure manipulation. »

G.L.

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