Le jour de la "libération fiscale" est arrivé !

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Bonne nouvelle pour les salariés français ! Depuis le samedi 29 juillet, leurs revenus du travail vont directement dans leur poche. Jusque-là, et depuis le 1er janvier, ils avaient été prélevés sous forme de cotisations sociales et d’impôts pour financer les dépenses publiques. Évidemment, cela est fictif, mais c’est la présentation qu’a retenue l’Institut économique Molinari (IEM) pour souligner le poids des prélèvements sur les fiches de paie françaises. Et quel poids !

D’après ce think tank libéral, un salarié moyen français, célibataire sans enfant à charge, est le plus taxé de l’Union européenne en 2017, devant ses collègues belge et autrichien. L’État, pour financer ses dépenses, lui ponctionne 57,41 % de ses revenus du travail, contre 44,8 % en moyenne pour l’ensemble des pays de l’UE. « Cet indicateur montre à quel point la situation de la France est inquiétante et diverge du reste de l’Europe », estime Cécile Philippe, présidente de l’IEM et co-auteure de l’étude intitulée « La pression fiscale sociale et réelle du salarié moyen de l’UE », menée en partenariat avec le cabinet d’audit et d’expertise comptable EY. L’année dernière, déjà, l’IEM et EY désignaient la France (57,53 %), comme le pays qui ponctionnait le plus le travail. Le jour de la « libération fiscale » du salarié français tombait aussi le 29 juillet.

Choix de société

Pour en arriver à de telles conclusions, l’IEM a calculé le pourcentage d’impôts et de cotisations prélevés sur un salarié moyen pour lequel son employeur débourse 56 499 euros tout compris. En plus du revenu du travail net, l’ensemble des « charges » sociales sont prises en compte, celles qui pèsent directement sur le « salarié moyen » (cotisations sociales, impôt sur le revenu, CSG et TVA) et celles dues par l’entreprise.

Selon les calculs de l’IEM et d’EY, pour qu’un salarié moyen français dispose de 100 euros de pouvoir d’achat réel, il doit cotiser 135 euros, contre 85 euros dans l’UE. Au global, son pouvoir d’achat réel serait de 24 062 euros (11e rang de l’UE).

Il est important de préciser que les résultats de cette étude sont surdéterminés par des choix culturels, historiques et économiques de chaque pays, mais aussi par le choix de financer collectivement ou individuellement les dépenses sociales. En France, les mécanismes de prévoyance (vieillesse, maladie, etc.) sont ancrés dans la sphère publique. Selon l’OCDE, Paris est même championne des dépenses publiques sociales (maladie, chômage, retraites, logement…), s’établissant à 31,5 % du PIB, contre 21 % dans les pays riches de l’OCDE. Pour la retraite, la dépense publique pèse pour 14,3 % du PIB. Il est donc logique que le salarié moyen français soit prélevé davantage que ses voisins pour financer le modèle social : un mois et demi de plus que la moyenne des salariés de l’UE, d’après l’IEM.

Impact des réformes limité

Et ce ne sont pas les évolutions promises par Emmanuel Macron qui devraient bouleverser les choses, selon l’IEM. « Les projets de réforme en France ne sont pas de nature à améliorer profondément la situation. » Si la baisse des cotisations payées par les salariés, promise par le président, en échange d’une hausse de leur CSG, avait été appliquée dès cette année, la France serait restée championne de la fiscalité de l’Union européenne (56,83 %), devant la Belgique (56,74 %) et l’Autriche (54,28 %). La mesure aurait toutefois permis d’avancer de 48 heures le jour de la libération fiscale.

Quant au grand projet de Macron de transformer le CICE en allégement pérenne de charges, il aurait eu un impact limité. Si le dispositif avait déjà été instauré pour 2017, la France (55,32 %) aurait glissé à la deuxième marche du podium, entre la Belgique et l’Autriche. Le jour de libération fiscal aurait été avancé de huit jours. Les deux réformes combinées, dans le cas d’une mise en œuvre le 1er janvier dernier, auraient placé la France à 54,71 % et toujours sur le podium européen, à la deuxième place. D’une marche à l’autre, la route des réformes s’annonce longue !

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