La « remontada » inespérée du PS en Haute-Garonne

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La « remontada » inespérée du PS en Haute-Garonne

Joël Aviragnet revient de loin. Le député socialiste de la Haute-Garonne était le seul rescapé du tsunami qui avait emporté tous les autres sièges du PS aux élections législatives du printemps 2017 dans le département. Vainqueur avec seulement 91 voix face à un candidat de La République en marche, le maire de la petite commune d’Encausse-les-Thermes (700 habitants) pouvait paraître fragilisé par l’invalidation de son élection par le Conseil constitutionnel. Il n’en a rien été. Avec plus de 10 000 bulletins à son nom dimanche, le candidat du PS améliore de plus de 3 000 voix son score du premier tour. Une « remontada » encore plus spectaculaire que celle qui lui avait finalement permis de s’imposer sur le fil l’an dernier, dans la mesure où la participation a chuté sous la barre des 45 %. En clair, les militants d’un parti que l’on avait laissé moribond l’an dernier se sont remobilisés, et les électeurs qui lui avait fait faux bond sont retournés au bercail.

Les soupçons de fraude distillés par son adversaire n’ont pas eu de prises sur Joël Aviragnet, ancien éducateur spécialisé qui a découvert le Palais-Bourbon à la faveur de l’élection de Carole Delga, dont il était le suppléant, à la présidence de la région Occitanie en 2016. La présidente de région s’est fortement impliquée dans la campagne. Elle sera à nouveau dans son ancienne circonscription demain pour un dernier meeting. L’appui des barons régionaux socialistes a davantage compté pour convaincre les électeurs de se rendre aux urnes que la visite de plusieurs ministres venus soutenir le candidat de la majorité présidentielle ou le meeting de Jean-Luc Mélenchon. Stagnant à 13 %, le candidat de La France insoumise a raté le coche de se présenter comme la seule opposition de gauche crédible à Emmanuel Macron. Sa seule satisfaction aura été de repasser devant le FN, crédité de 11 % des voix. En dépit d’un changement de candidat, la droite de Laurent Wauquiez a été inexistante dans ce scrutin (4,93 %), confirmant l’ancrage historique à gauche de cette circonscription rurale au pied des Pyrénées.

La « devalada » du candidat de La République en marche

Le retour en grâce quasi miraculeux du candidat socialiste, en ballottage plus que favorable avec plus de 40 % des voix, souligne en creux la cruelle « devalada » du candidat de La République en marche. Michel Montsarrat, ancien rugbyman et hôtelier-restaurateur à Luchon, a perdu près de 9 000 voix en moins d’un an. Les électeurs d’Emmanuel Macron sont manifestement restés chez eux. D’autres ont sans doute été échaudés par des mesures impopulaires, comme la hausse de la CSG pour les retraités. Joël Aviragnet a fait une campagne de terrain, visitant méthodiquement toutes les communes de la circonscription. Son concurrent LREM se contente d’invoquer une campagne de « phoning » pour tenter de convaincre les abstentionnistes à venir voter dimanche prochain. Le député sortant avait aussi marqué des points politiquement dès le début de son mandat écourté en refusant de voter la confiance au gouvernement. Voter Aviragnet, c’est clairement voter contre Macron. L’hirondelle du Comminges fera-t-elle le printemps du PS ? On pouvait apercevoir un premier couple de ces oiseaux migrateurs le week-end dernier au-dessus de la Garonne, dans le val d’Aran voisin. Il y avait davantage de voitures garées devant les supermarchés (ouverts même le dimanche) de cette enclave occitane en terre catalane que devant les bureaux de vote, côté français.

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