Eric Ciotti règle ses comptes avec Thierry Solère

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La droite se déchire. Divisés en deux groupes parlementaires à l’Assemblée nationale, entre les partisans d’une opposition frontale à Emmanuel Macron et les défenseurs d’une approche conciliante avec la majorité, Les Républicains ont franchi une nouvelle étape vers la scission ce mercredi, à l’occasion d’une séance à l’Assemblée particulièrement agitée.

«Je souhaite que ceux qui ont décidé de ne pas siéger dans notre groupe quittent notre parti ou en soient exclus», a lancé ce jeudi le député Les Républicains (LR) Eric Ciotti, sur BFMTV et RMC. Dans son viseur: les députés du groupe Les Républicains-Constructifs, dont il demandera l’exclusion du parti lors du bureau politique des Républicains le 11 juillet prochain. L’un des membres «Macron-compatible» du groupe, Thierry Solère, a obtenu ce mercredi l’un des postes-clés de questeur de l’Assemblée nationale, qui échoit traditionnellement à l’opposition. Au détriment d’Eric Ciotti, qui pointe du doigt «une rupture dans l’équilibre des pouvoirs» et «un hold-up démocratique».

«Nous sommes dans l’opposition», jure pourtant Franck Riester, co-président du groupe Les Républicains-Constructifs, pour légitimer l’élection de Thierry Solère. Mais aux yeux d’Eric Ciotti, Thierry Solère et ses collègues forment «un groupe de la majorité». «Ils n’avaient pas de candidats La République en marche en face d’eux aux législatives, il faut qu’ils paient l’addition aujourd’hui. Ils n’ont pas de liberté, ils sont liés. On l’a vu hier soir pour la questure», ajoute l’ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy, en référence à l’appui des députés d’En marche! qui a permis la désignation de Thierry Solère à la questure.

Exclusion étudiée le 11 juillet par le bureau politique des Républicains

«Je ne sais pas s’il est encore membre de notre parti. Thierry Solère, c’est un professionnel de la trahison», estime Eric Ciotti. «Hier soir, il a touché au prix fort les dividendes de sa trahison». Et le député des Alpes-Maritimes de rappeler l’enquête préliminaire ouverte sur Thierry Solère en février, pour suspicion de fraude fiscale «Il fait l’objet d’une enquête préliminaire, dans un dossier fiscal important. C’est le choix de confier les finances de l’Assemblée nationale à quelqu’un qui est mis en cause.» Les questeurs, «superintendants» du Palais Bourbon, gèrent en effet un budget annuel de 500 millions d’euros.

Le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer a confirmé ce jeudi que la question de l’exclusion du parti des députés «constructifs» serait étudié lors bureau politique le 11 juillet. «Nous en débattrons au prochain bureau politique parce qu’ils s’étaient déjà éloignés d’eux-mêmes par leur choix, il conviendra probablement d’aller plus loin», a-t-il indiqué à L’Opinion.

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