Affaire Karachi : François Léotard à nouveau visé pour faux témoignage

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Affaire Karachi : François Léotard à nouveau visé pour faux témoignage

La cour d’appel de Paris a annulé mardi le non-lieu rendu en juillet 2016 dont l’ancien ministre de la Défense avait bénéficié, a appris l’Agence France-Presse auprès de l’avocat des parties civiles. François Léotard est donc de nouveau visé par une enquête pour faux témoignage dans l’affaire Karachi. « François Léotard a effectué un faux témoignage lors de son audition » en janvier 2011 par le juge antiterroriste Marc Trévidic dans le cadre du volet, dit financier, de l’attentat de Karachi, « alors même qu’il était entendu en qualité de témoin ayant prêté serment », accusent les plaignants représentés par Me Olivier Morice.

Ouverte en 2013, cette enquête fait suite à une plainte déposée par des proches de victimes françaises de l’attentat de Karachi, où quinze personnes sont mortes le 8 mai 2002, dont onze ouvriers de la Direction des constructions navales (DCN). « C’est une victoire importante contre l’avis du parquet général », s’est félicité l’avocat des proches des victimes, « qui souhaitent que François Léotard soit renvoyé devant le tribunal correctionnel pour faux témoignage ». En rendant son non-lieu en 2016, le juge avait estimé qu’on ne pouvait accuser François Léotard d’avoir menti puisque le volet financier n’avait pas abouti à des poursuites contre lui. Dans ce volet, les juges s’interrogent sur un possible financement illicite de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995, via des rétrocommissions sur les contrats d’armement.

Abus de biens sociaux

Mais depuis, François Léotard, ministre de la Défense du gouvernement Balladur de 1993 à 1995, a été mis en examen début juillet par la Cour de justice de la République, seule habilitée à juger des délits commis par des membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions. Il est désormais poursuivi, tout comme Édouard Balladur, pour « complicité d’abus de biens sociaux ».

La justice travaille sur l’hypothèse selon laquelle l’attentat aurait été commis en représailles à l’arrêt par la France du paiement de commissions liées à des contrats de vente d’armes de la France à l’Arabie saoudite (Sawari II) et au Pakistan (Agosta), signés sous le gouvernement Balladur. C’est en creusant cette piste que les magistrats ont acquis la conviction que les comptes de campagne d’Édouard Balladur pour l’élection présidentielle de 1995 avaient été en partie abondés par des rétrocommissions illégales.

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