A Paris, l’immobilisme du ministère de l’intérieur face à la dégradation de la situation des migrants

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A Paris, l’immobilisme du ministère de l’intérieur face à la dégradation de la situation des migrants
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La Matinale du 15/05/2018
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A Paris, l’immobilisme du ministère de l’intérieur face à la dégradation de la situation des migrants

Des migrants à l’extérieur de leurs tentes sous un pont, porte de La Villette, à Paris, le 20 avril.

Regarder les rats passer… sur les bords du canal Saint-Martin (10e), leur petit manège fascine Ahmed, mardi matin 15 mai. Le jeune Afghan n’en a pas peur. Il veille juste à bien fermer sa tente et ne pas y garder de nourriture. Sa vraie crainte serait plutôt le canal. Le 8 mai, un homme est mort noyé, à deux pas. « Il est tombé et il a coulé », explique le garçon, qui trouve « stupide » de « mourir comme ça après avoir échappé à tous les dangers de la route ». Deux jours avant déjà, un autre homme s’était noyé dans le canal Saint-Denis, porte d’Aubervilliers. Un Africain qui dormait dans le camp du Millénaire, dans le 19e arrondissement.

« 1 600 personnes sur 400 m2… Avec une telle concentration, chaque mètre de quai compte et peut donner lieu à bagarre », déplore Pierre Henry, le directeur de France Terre d’Asile. Au total Paris compte donc désormais quelque 2 400 migrants éparpillés en plusieurs points de son quart nord-est, dans une « absence totale d’humanité », a dénoncé lundi le vicaire général du diocèse de Paris Mgr Benoist de Sinety.

Les associations, les riverains et la mairie de Paris n’ont de cesse d’alerter le ministère de l’intérieur sur cette situation et de demander une mise à l’abri. Rien ne se passe hormis un échange de lettres entre Anne Hidalgo, la place Beauvau et désormais Matignon. La maire de Paris, qui avait écrit en mars à Gérard Collomb, a reçu une réponse en mai lui rappelant qu’elle n’avait qu’à lancer des « procédures judiciaires » pour que l’Etat évacue. Se refusant à « demander l’expulsion », et rappelant que c’est « d’une prise en charge dont ces gens avaient besoin », et non d’un éparpillement, Anne Hidalgo a écrit vendredi au premier ministre, cette fois, pour l’alerter sur l’« impasse ».

Alcool, addictions, bagarres…

La situation se dégrade un peu plus chaque jour dans ces no man’s…

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