Temps de travail : la mauvaise réputation injustifiée de la France

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Travaille-t-on moins en France qu’ailleurs ? Difficile de répondre à cette question, faute d’une « norme » statistique, contrairement par exemple  au taux de chômage, dont la mesure fait l’objet d’un consensus international . En cause, comme le soulignait une étude du ministère du Travail de juin 2018, les législations nationales, les caractéristiques de la population en emploi, sans oublier les lacunes dans la collecte des données.

Une chose est certaine : la durée de travail baisse depuis soixante ans dans tous les pays développés. « C’est le fruit de la productivité que l’on peut répartir de deux manières, en argent ou en temps libre, souligne Andrea Garnero, économiste à l’OCDE. Plus de développement signifie aussi diminution de la durée de vie active, sous l’effet des études et de l’âge de la retraite.

Selon l’OCDE,  l’Allemagne se classe tout en bas avec, en moyenne, 1.356 heures de travail effectives par an et par travailleur en 2017, suivie par le Danemark (1.408 heures), la Norvège (1.419) ou les Pays-Bas (1.433), loin du Mexique, qui arrive en tête avec 2.257 heures. Avec 1.514 heures par an, la France se situe aussi dans le bas de l’échelle, mais à égalité avec le Royaume-Uni à la législation du travail bien plus libérale.

Des nuances

L’étude du ministère du Travail précitée tord aussi le cou à la mauvaise réputation de l’Hexagone. Elle s’est attachée à la mesure de la durée habituelle hebdomadaire (une semaine normale, sans congé ou jour férié) des seuls salariés, jugée plus robuste pour des comparaisons. Résultat, en 2016, la France se situait en troisième place des huit pays passés au crible avec 36,3 heures par semaine, contre 36,8 heures pour le Royaume-Uni et 36,4 heures pour l’Espagne. L’Allemagne, là encore, se situe en queue de peloton (34,8), les Pays-Bas fermant la marche (29,3 heures).

Tout cela appelle néanmoins des nuances susceptibles d’apporter de l’eau au moulin des défenseurs du « travailler plus ». Si l’on se limite aux salariés à temps complet, la France « perd » une place avec 39,1 heures par semaine, derrière le Royaume-Uni (42,2 heures, numéro un), l’Allemagne (40,4 heures) ou la Suède et l’Espagne ex-aequo (39,9). La moyenne des 28 pays de l’Union européenne ressort à 40,3 heures.

Des différences culturelles

Qui plus est, notre pays se caractérise par une période de vie active plus resserrée : le taux d’emploi décroche très nettement à 60 ans, ce qui va de pair avec une durée moyenne de travail plus faible pour cette tranche d’âge. Idem pour les étudiants, contrairement aux pays nordiques. A tout cela s’ajoutent des différences culturelles. Les chiffres donnent une image tronquée des Pays-bas par exemple : si l’on y travaille moins, c’est parce que la moitié des salariés sont à temps partiel. Et pour une majorité de manière choisie, souligne Andrea Garnero.

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