Saint-Martin: France et Pays-Bas, des réponses semblables mais des bilans opposés

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Saint-Martin: France et Pays-Bas, des réponses semblables mais des bilans opposés

Face à la puissance destructrice de l’ouragan Irma et ses conséquences sur l’île de Saint-Martin, les autorités française et néerlandaise ne gèrent pas tout à fait la même crise.

Des gouvernements sous le feu des critiques. En France, la réaction du gouvernement face à la crise humanitaire qui touche Saint-Martin après le passage de l’ouragan Irma tourne à la polémique. 

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Dans l’hexagone, plusieurs responsables politiques pointent du doigt une réponse inadaptée, voire insuffisante. Certains réclament même une enquête parlementaire pour déterminer si l’Etat a suffisamment agi, ou mis à disposition assez de moyen pour répondre à l’urgence. 

 

“Ils verront combien les équipes étaient mobilisées”, a répondu le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, soulignant les “bonnes décisions” du gouvernement prises “dès le départ” selon lui.  

Autre pays, autre ambiance? Comme le rappelle FranceInfo, le gouvernement des Pays-Bas est éaglement épinglé pour la lenteur de sa réaction et son incapacité à rétablir la communication avec le sud de Saint-Martin, qui est sous son giron. 

85 tonnes de nourritures envoyées 

Dans les heures suivant la catastrophe, l’Etat français a annoncé plusieurs décisions: l’envoi de désalinateurs pour combler l’absence d’eau potable, de rations de nourritures pour les premiers jours, de groupes électrogènes, via Enedis, pour alimenter les sinistrés en électricité. 

Un temps suspendu par le passage de l’ouragan José, l’acheminement de ressources et de matériel a continué avec la reprise des ponts aériens et maritimes. À l’heure actuelle, et au total, 85 tonnes de nourritures auraient été transportées par la France vers Saint-Martin, en plus d’un million de litres d’eau et de 2 200 kg de médicaments pour faire face au risque sanitaire. 

Pour permettre une distribution de ces produits, mais aussi de maintenir l’ordre sur l’île en proie aux pillages, des moyens humains considérables ont été débloqués. Près de 2000 personnes (militaires, secours, gendarmes, policiers) auraient été envoyés par les services de l’Etat. 

Le Pays-Bas envoie 392 soldats

Chez les voisins du nord, côté néerlandais, la réponse est sensiblement du même ton. 392 soldats ont été envoyés la semaine dernière pour faire face aux pillages, 120 de plus devraient être acheminés cette semaine. Et plusieurs centaines de gendarmes, de policiers et de secouristes sont déjà sur place depuis quelques jours. 

Deux avions militaires et deux navires ont également pris la direction de l’île pour acheminer plusieurs tonnes de vivres, d’eau et de matériel de santé. Dans le royaume, la population salue la réponse apportée et le comportement du premier ministre, Mark Rutte

La seule différence entre les deux pays face à l’ouragan réside dans le chemin de la reconstruction. Alors qu’en France le Parti socialiste demande qu’une “autorité en charge de la reconstruction” soit mise en place, les Pays-Bas ont déjà amorcé ce virage depuis la fin de la semaine dernière. Hans Leijtens, ancien lieutenant général de la gendarmerie royale, a notamment été nommé comme responsable du projet de reconstruction. 

Bilan humain opposés

Alors, comment expliquer les bilans humains diamétralement opposés selon qu’ils appartiennent à la partie nord (française) ou sud (néerlandaise)? Sur la partie française, 10 morts et sept disparus ont été décomptés. Seulement 4 morts du côté hollandais, pour une population comparable).  

“Il faut chercher la réponse du côté de la vulnérabilité de la partie française qui ne date pas d’aujourd’hui, décrypte Johnny Douvinet, géographe à l’Université d’Avignon, contacté par L’Express. Les écarts sociaux sont très importants, il y a des très riches, mais surtout beaucoup de très pauvres, contrairement à la partie hollandaise. La population est donc bien plus exposée.” 

Pour l’enseignant-chercheur, la réponse n’est pas à trouver du côté des réactions, ni même de l’anticipation supposée des deux pays -tous les deux “très réactifs” selon lui, mais plutôt dans la sociologie.  

Pourtant, la polémique continue d’agiter la France. “En tant que ministre, je suis là pour répondre aux questions, a déclaré Annick Girardin, ministre française des Outre-mer. Mais j’espère qu’il n’y aura pas de polémiques qui ne serviront à rien.” 

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