Le coût du RSA a augmenté en 2018 et frôle 11 milliards d’euros

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Cela ressemble à une mauvaise nouvelle, mais il ne faut pas se fier aux apparences. Le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active et les dépenses de RSA ont rebondi en 2018, alors même que le cycle économique était devenu plus porteur. Un paradoxe qui s’explique par des décisions politiques.

Ainsi, l’effectif des bénéficiaires a augmenté de 1 % en 2018, selon le bulletin d’avril de « RSA conjoncture », publié par la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF). A fin décembre, il est estimé à 1,88 million de foyers allocataires, contre 1,86 million un an plus tôt, selon la nouvelle méthode de comptage.

Avec un montant moyen de 494 euros par mois par foyer, le coût de ce minimum social a frôlé 11 milliards d’euros en 2018 (10,96 milliards), contre 10,64 milliards en 2017. Les dépenses de RSA ainsi que le nombre de versements mensuels effectués  avaient ralenti de la fin de l’année 2016 jusqu’au troisième trimestre 2017. Mais depuis, elles sont reparties à la hausse.

Les bienfaits de la téléprocédure

C’est justement en septembre 2017 qu’a eu lieu la dernière revalorisation exceptionnelle programmée sous le quinquennat Hollande dans le cadre du plan pauvreté. Ce coup de pouce de 1,62 % a été suivi sept mois plus tard par une revalorisation annuelle ordinaire de 1 % reflétant l’inflation. Cela a bien sûr joué sur les montants versés, et donc sur les dépenses. Mais aussi sur le nombre d’allocataires, puisque cette prestation « différentielle » est versée aux foyers dont les revenus n’atteignent pas le montant maximum du RSA. Toute revalorisation de ce plafond se traduit par une augmentation du nombre de gens qui peuvent y prétendre.

Le nombre d’allocataires a également crû suite à plusieurs modifications réglementaires destinées à faciliter l’accès à la prestation, « principalement la mise en place de la téléprocédure pour la demande du RSA », en mai 2017, précise la CNAF. Le renouvellement se fait également en ligne, et les droits sont figés sur trois mois, au lieu d’être constamment recalculés.

Les marges de hausse sont encore importantes, puisque  le taux de recours au revenu de solidarité active est estimé autour de 60-65 %, contre déjà 80 % pour la toute jeune prime d’activité. Le gouvernement prévoit d’automatiser le versement de plusieurs prestations sociales dont le RSA dès 2020, afin de lutter contre le non-recours.

Selon la CNAF, les revalorisations ont accru les dépenses de 2,6 % et les versements de 0,2 %, et la contribution des améliorations administratives a été de 1,9 % et 1,8 % respectivement. Si ces deux évolutions n’avaient pas eu lieu, les dépenses n’auraient donc pas augmenté : elles auraient même diminué de 1,9 %, et le nombre de versements aurait chuté de 1,7 %. C’est peut-être le signe d’un meilleur, quoique léger, retour à l’emploi des exclus du monde du travail.

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