Economie collaborative: Paris entre promotion et régulation

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Si je vous dis « économie collaborative », vous me répondez Le Bon Coin? Airbnb? BlaBlaCar? Ou pour les adeptes du crowdfunding Ulule? Ces quelques noms connus résonnent immédiatement aux oreilles. Mais le salon Share Paris espère bien aller plus loin et présenter au grand public toutes les facettes de l'économie du partage. Cet événement qui se tiendra à Paris du 22 au 24 septembre accueillera près de 80 exposants et 60 intervenants. Avec un absent notoire: Airbnb.

« Certains acteurs ne seront pas présents et c'est une volonté », admet Laetitia Colcomb, organisatrice avec son frère Alexis Marcellin du salon. Car Airbnb est devenue une des bêtes noires de la mairie de Paris, qui parraine le salon.

Entre la ville et la plateforme de location de logements, les relations sont complexes. La ville a multiplié les initiatives pour réguler le secteur et lutter contre les locations meublées touristiques illégales. Les amendes pour de telles locations ont d'ailleurs décuplé en 2017. Aujourd'hui, la durée limite d'une location meublée touristique est de 120 jours par an, durée que Paris envisage de réduire. Et la ville compte demander dès octobre aux personnes louant leur logement sur une plateforme numérique de s'enregistrer, avant de le rendre obligatoire en décembre. 

Antoinette Guhl, adjointe à la maire de Paris, chargée de l'économie sociale et solidaire, n'hésite pas à évoquer cette « volonté de réguler l'économie collaborative dans ses excès », mentionnant Uber et Airbnb au détour d'une phrase. Régulation, donc, est le maître-mot. Mais il n'en reste pas moins que la Ville de Paris se veut aussi une forte promotrice de l'économie du partage, comme Antoinette Guhl mais aussi les organisateurs de Share Paris préfèrent la nommer.

« Foisonnement d'initiatives »

« Il est essentiel de montrer le foisonnement d'initiatives », insiste Antoinette Guhl. Et quel foisonnement. Une étude de 2015 Nomadéis TNS Sofres sur les enjeux et la perspective de la consommation collaborative indiquait que le marché mondial de la consommation collaborative était à l'époque estimé à 15 milliards de dollars et devrait atteindre… 335 milliards de dollars en 2025. La France n'est pas en reste et Paris surfe sur cette vague.

Antoinette Guhl, qui vante le budget participatif mis en place par la Ville de Paris, liste les différentes initiatives déjà présentes ou à venir dans la capitale: la multiplication des ressourceries qui donnent une seconde vie aux objets, l'installation encouragée de fablab, d'ateliers de réparation pour faire de Paris la « ville des Makers », l'initiative « Troc de trucs » pour échanger ses objets inutilisés contre d'autres…

Alors comment trouver cet équilibre entre promotion de l'économie du partage et la régulation de certaines formes de l'économie collaborative? « Selon l'usage » des différents outils, répond Antoinette Guhl. De la politique au financement, de l'éducation à l'alimentation, de la création aux bons plans de consommation, le salon Share Paris compte bien présenter la variété des initiatives de l'économie du partage, au-delà des grands noms que tout le monde connaît et des plateformes uniquement en ligne. « Pour la majorité des Français, la consommation collaborative n'est pas uniquement circonscrite aux actes de consommation dématérialisés sur Internet, et intègre également des structures physiques », indiquait d'ailleurs l'étude Nomadéis TNS Sofres dès 2015…  

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