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« Le Brexit et le conseiller municipal anglais »

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Chronique

auteur

Frédéric Potet

Installé dans le Cher depuis 2002, Donogh O’Brien a choisi de devenir Irlandais pour pouvoir continuer à s’investir à Saint-Outrille, son village d’adoption, raconte Frédéric Potet dans sa chronique.

Publié le 15 juin 2019 à 00h05 Temps de Lecture 4 min.

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Donogh O’Brien devant la (minuscule) mairie de Saint-Outrille (Cher).
Donogh O’Brien devant la (minuscule) mairie de Saint-Outrille (Cher). FP

Avec 766 ressortissants, le Royaume-Uni est le pays de l’Union européenne (UE) qui fournit le plus grand nombre de conseillers municipaux étrangers aux communes françaises. Ce ne sera bientôt plus le cas. Le Brexit va faire voler en éclats, pour les sujets britanniques, cette disposition issue du traité de Maastricht (1992), permettant aux citoyens des pays membres de l’UE de se faire élire localement (sans toutefois devenir maire ni adjoint).

Comme beaucoup de compatriotes dans ce cas, Donogh O’Brien ne l’entend pas ainsi. Conseiller municipal de Saint-Outrille (Cher), un village de 200 habitants où il réside de manière permanente depuis 2002 avec sa femme Tessa, ce consultant indépendant dans le domaine de la biochimie hématologique s’est souvenu que son père avait la double nationalité britannique et irlandaise, et qu’il pouvait ainsi, lui-même, devenir Irlandais, par filiation.

Donogh O’Brien a alors téléchargé sur Internet un document de quatre pages à remplir, auquel il a joint des photos d’identité, avant de renvoyer le tout à l’ambassade d’Irlande à Paris. Six semaines plus tard, il recevait son passeport frappé d’une harpe celtique – précieux visa qui lui permettra, en 2020, de se présenter aux élections municipales, comme il l’avait fait, il y a cinq ans, avec ses papiers britanniques.

Une certaine dose d’abnégation

Donogh O’Brien aurait sans doute préféré obtenir la nationalité française ; il a d’ailleurs entamé des démarches en ce sens. Las, la complexité de la procédure, consistant notamment à faire traduire une centaine de documents, l’a découragé en chemin. Il fallait faire vite. « Devenir Irlandais, dans mon cas, s’est avéré mille fois plus rapide que de devenir Français », explique-t-il dans la pièce principale de la ferme qu’il a entièrement rénovée.

Il a fallu une certaine dose d’abnégation pour transformer en home sweet home cette ancienne ruine, achetée en 1989 contre un peu plus de 100 000 francs. Les O’Brien vivaient alors à Londres et commençaient à se lasser de la vie métro-boulot-dodo.

Parmi les critères qu’ils s’étaient fixés en vue d’acquérir une résidence secondaire en France figurait l’impératif de trouver une maison « au sud de la Loire, car on disait qu’il y faisait plus chaud », raconte Donogh. Le premier hiver glacera leur enthousiasme. « Le thermomètre est descendu à – 15 °C. Il n’y avait ni eau ni électricité dans la maison », n’a pas oublié Tessa.

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