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Réforme de la formation professionnelle : la négociation s’enlise

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Réforme de la formation professionnelle : la négociation s’enlise

Les syndicats critiquent le manque d’ambition du patronat. Ils s’inquiètent de la tenue des délais, d’autant que les questions de financement restent à aborder.

Tout ça pour ça… Quasiment deux mois après avoir démarré, et à un mois de sa date de clôture programmée, la négociation entre partenaires sociaux sur la réforme de la formation professionnelle s’enlise. Syndicats et patronat ont accepté de s’en saisir, sur la base d’un document d’orientation assez cadré du ministère du travail, conformément à  la promesse d’Emmanuel Macron de revoir de fond en comble un système critiqué pour son manque d’efficacité.

Seuls résultats concrets des six séances tenues avant la trêve des confiseurs : le refus que le compte personnel de formation, le CPF, soit crédité en autre chose que des heures (contrairement à ce que souhaite le ministère du travail), et un premier plan de… négociation pour la suite.

Des syndicats déçus

La reprise des débats, ce vendredi au siège du Medef, n’a visiblement pas permis d’enclencher la première, les syndicats reprochant au patronat de jouer petit bras et de ne pas afficher des ambitions à la hauteur des enjeux de la réforme, voire, selon certains, de la bloquer.

« Ce devait être une séance consensuelle, et pourtant elle n’a pas été facile », a regretté Yvan Ricordeau, chef de file CFDT. « On a énormément de mal à avancer », a renchéri Jean-François Foucard pour la CGC, tandis que pour Michel Beaugas (FO) « cela n’augure rien de bon pour la suite », les sujets les plus compliqués – gouvernance et financement n’ayant pas encore été abordés !

Seule la CGT, par la voix de Catherine Perret, a fait preuve d’un peu d’optimisme sur la possibilité de renforcer les droits des salariés. Sans nier pour autant que le calendrier devenait de plus en plus serré, avec désormais une semaine de mou seulement pour tenir les délais.

Texte patronal jugé trop exclusif

Premier couac de la séance, les syndicats ont éjecté le préambule du texte patronal, rappelant que cette partie s’écrivait une fois que tout était réglé, et non pas avant. Cette « bévue » de forme évacuée, les syndicats ont ensuite épinglé la faiblesse des propositions concernant l’anticipation des besoins en compétences. Après deux tours de table et une suspension, le sujet a été renvoyé à la semaine prochaine dans une nouvelle mouture.

Unanimement jugée trop centrée sur les seuls besoins de l’entreprise, la partie consacrée à la définition d’une action de formation n’a pas rencontré beaucoup plus de succès. Résultat, les cinq syndicats ont décidé de tenir la plume et mettront sur la table un texte qui sera débattu lors de la prochaine séance. Faute de temps, la partie certification a été repoussée à la prochaine séance également.

Questions de gros sous

S’il est d’usage qu’une négociation paritaire ne se débloque que dans la dernière ligne droite, le choix quasi consensuel des partenaires sociaux de renvoyer les questions qui fâchent à la fin justifie l’enlisement actuel. « Que les délais soient courts c’est évident. Qu’il reste énormément de travail aussi. Mais si l’on ne va pas au bout c’est parce que les questions de gouvernance ou de financement n’ont pas encore été abordées. D’où l’impression de ne pas avancer », a tempéré Florence Poivey, négociatrice en chef pour le Medef.

Les syndicats ne le démentent pas, mais cela ne les empêche pas d’esquisser d’autres explications au manque d’entrain de la partie patronale. Outre des intérêts divergents entre grands groupes et PME, le contexte « politique » marqué par  la prochaine succession de Pierre Gattaz au Medef  n’y serait pas étranger.

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